Professeur titulaire de la chaire de pathologie à Stanford, immunologiste, plus de 300 publications, une cinquantaine de brevets, créateur de la technologie de spectrométrie CyTOF. Son entrée dans le domaine de l'anomalie fut, paradoxalement, une démonstration de rigueur.
La momie d'Atacama. En 2013, face au mystère d'« Ata » — squelette de 15 centimètres, crâne conique, dix paires de côtes, exhumé en 2003 à La Noria au Chili et présenté par l'ufologue Steven Greer comme la preuve physique d'un organisme alien —, Nolan mène une analyse génomique publiée dans Genome Research. Résultat sans appel : un fœtus humain de sexe féminin, dont l'apparence résulte d'une convergence exceptionnelle de mutations affectant le développement osseux (ostéogenèse anormale, scoliose, nanisme).
Mais cette victoire scientifique se transforme en désastre éthique. La communauté scientifique chilienne — notamment la biologiste Cristina Dorador et le Conseil des Monuments Nationaux — proteste vivement, accusant l'équipe de Stanford d'une étude s'apparentant à un pillage colonial : l'ADN de restes humains probablement récents, issus du pillage clandestin de tombes, utilisé sans consentement des autorités locales ni des descendants.
Le « Collège invisible ». La crédibilité acquise attire l'attention d'une frange du renseignement américain. Nolan intègre un réseau informel incluant l'ancien officier de la CIA Kit Green, Jacques Vallée, Eric Davis et Colm Kelleher — associés au programme AAWSAP du ranch Skinwalker. Chargé d'analyser le sang et l'activité cérébrale d'une centaine de pilotes et militaires affirmant avoir souffert de lésions après des rencontres rapprochées, il identifie une particularité neuroanatomique récurrente : une hyper-connectivité entre la tête du noyau caudé et le putamen, régions liées aux fonctions exécutives et à l'intuition.
Nolan refuse ici la spéculation hâtive : plutôt que d'affirmer que les OVNIs auraient induit cette particularité, il émet l'hypothèse que ces sujets la possédaient de manière innée, ce qui pourrait les prédisposer à percevoir certains phénomènes. De même, sur les lésions tissulaires correspondant au profil du « syndrome de La Havane », il juge beaucoup plus vraisemblable une exposition à des faisceaux de micro-ondes opérés par des acteurs étatiques terrestres qu'un système de propulsion extraterrestre.
La stratégie institutionnelleEn 2023, Nolan cofonde la Sol Foundation avec l'anthropologue Peter Skafish, rejoints par le lanceur d'alerte du Pentagone David Grusch, l'amiral Timothy Gallaudet, le physicien Eric Davis et le colonel Karl Nell. Son approche est inédite : elle ne cherche plus à convaincre par des preuves photographiques douteuses, mais mobilise le soft power académique et politique — livres blancs, analyse de l'UAP comme problématique de « sécurité humaine » dans le sillage des thèses d'Alexander Wendt, campagne d'influence auprès de législateurs. Le pari est bureaucratique plutôt qu'empirique.