GUERRE-II

Guerre de la dé-sidération 心理战

Transformer l'impuissance apprise en pouvoir d'agir collectif par l'éducation permanente et la construction de solidarités.

Définition

La Guerre de la dé-sidération (心理战, xīnlǐ zhàn) est la deuxième des Trois Guerres Civiques. Dans le modèle chinois original, la guerre psychologique vise à sidérer l'adversaire pour le paralyser. Dans notre transposition civique inversée, elle vise au contraire à dé-sidérer : sortir les citoyens de la paralysie induite par la complexité du système.

Là où Pékin sidère pour soumettre, nous dé-sidérons pour émanciper. Même architecture, finalité opposée.

L'impuissance apprise : diagnostic

L'impuissance apprise (learned helplessness) est un état où l'on cesse de tenter d'agir après des échecs répétés. En Belgique, elle est produite par :

  • Complexité administrative volontaire — Formulaires incompréhensibles, procédures labyrinthiques
  • Opacité décisionnelle — Décisions prises en cabinet, arrêtés techniques illisibles
  • Fragmentation des responsabilités — Niveaux de pouvoir multiples, renvoi de balle
  • Discours TINA — « There Is No Alternative », contraintes budgétaires invoquées
  • Fracture numérique — 40% de vulnérabilité numérique, objectif 100% e-services

Résultat : le citoyen renonce à comprendre, à contester, à agir. C'est une défaite sans combat.

Pilier 1 : Éducation permanente tactique

L'éducation permanente n'est pas un cours magistral mais un processus de co-construction des savoirs. Formats :

  • Ateliers décryptage — Lire un budget, un décret, un arrêt de justice
  • Formation OSINT de base — Rechercher, archiver, vérifier une information
  • Cercles de lecture critique — Décoder médias, rapports officiels, communication politique
  • Simulations — Conseils communaux, auditions parlementaires, négociations
  • Documentation des savoirs d'expérience — Ce que les « experts » ne savent pas

Checklist d'une session réussie

  • Objectif d'apprentissage défini (savoir, savoir-faire, savoir-agir)
  • Matériau ancré dans le vécu des participants
  • Temps de parole équilibré (pas de sachant dominant)
  • Production collective tangible (document, décision, action)
  • Suite concrète identifiée (qui fait quoi, quand)
  • Documentation pour capitalisation et transmission

Pilier 2 : Construction du collectif

L'isolement est une arme du système. Le collectif est l'antidote :

  1. Identifier les pairs — Ceux qui vivent les mêmes situations, affrontent les mêmes adversaires
  2. Créer des espaces sécurisés — Où la parole est possible sans jugement
  3. Mutualiser les ressources — Juridiques, informationnelles, relationnelles, financières
  4. Ritualiser les victoires — Même petites, les célébrer maintient la motivation
  5. Documenter et transmettre — Ce qui marche doit être capitalisé pour d'autres

Articulation avec les autres guerres

La Guerre de la dé-sidération forme les citoyens qui alimentent les deux autres guerres :

  • Elle crée les collecteurs OSINT de la Guerre du récit
  • Elle forme les plaignants organisés de la Guerre du prétoire
  • Elle transforme les victimes isolées en acteurs collectifs

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre sidération et dé-sidération ?

La sidération est un état de paralysie face à un choc ou une complexité insurmontable. La dé-sidération est le processus inverse : sortir de cette paralysie par la compréhension, le collectif et l'action. Là où Pékin sidère pour soumettre, nous dé-sidérons pour émanciper.

L'éducation permanente n'est-elle pas menacée en Belgique ?

Oui. Le décret-programme FWB du 17 décembre 2025 impose un moratoire : 270 associations gelées, 2 300 travailleurs affectés, non-indexation des subventions. C'est précisément parce que l'EP est un outil d'émancipation qu'elle est ciblée.

Comment commencer sans structure existante ?

Par le plus petit viable : un groupe de 3-5 personnes concernées par le même problème, qui se réunit régulièrement pour comprendre ensemble et agir ensemble. Le collectif se construit par l'action, pas par les statuts.