La révolution brabançonne
Avant la Belgique, une première révolution — et déjà une querelle sur ce que ce pays devait être.
Aux Pays-Bas autrichiens, les réformes centralisatrices et anticléricales de l'empereur Joseph II déclenchent en 1789 une révolte. Une coalition hétéroclite s'y oppose : les « statistes » conservateurs de Van der Noot, attachés aux anciens privilèges, et les « vonckistes » progressistes, inspirés des Lumières. Ensemble, ils chassent l'Autriche et proclament, en janvier 1790, les éphémères États belgiques unis.
L'union se fracture presque aussitôt entre ses deux ailes ; l'Autriche reconquiert le territoire dès la fin de 1790, avant que la Révolution française ne balaie le tout (annexion en 1795). L'épisode importe parce qu'il annonce une constante : une entité définie davantage par ce qu'elle refuse que par une vision partagée, déjà clivée entre conservateurs et progressistes. Et c'est là que le mot « Belgique » entre dans le vocabulaire politique.
Sources — Historiographie de l'Ancien Régime aux Pays-Bas autrichiens ; notices « États belgiques unis » et « Révolution brabançonne ».